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jeudi 18 janvier 2018

Le couscous "nu" de la dignité de Habib Ayeb*

On se le demande, pourquoi "Couscous, les graines de la dignité" a-t-il été boudé par le jury des dernières Journées Cinématographiques de Carthage ? Pourtant, le retour du documentaire dans la compétition était une belle occasion pour distinguer ce film essentiel qui permet de relire le récit de la «Révolution» et ses icônes à la lumière de la condition paysanne.

L'affiche du film a été réalisée par Sadri Kiari, dessinateur, militant et chercheur.

Pensez-donc, il y a six ans**, "Couscous, les graines de la dignité" n’aurait jamais pu être projeté en Tunisie. Idem pour le documentaire de Nada Mezni Hefaiedh, "Au-delà de l’ombre", ce beau plaidoyer en faveur de la communauté LGBT, qui a été, en revanche, gratifié avec un tanit de bronze. Une récompense, dira le président du jury Thierry Michel, qui "honore l'audace du propos, libre, impertinent et à l'esthétique provocatrice". Il faut convenir avec le réalisateur belge que « le festival a eu le courage de programmer cette œuvre résolument engagée dans la lutte pour des libertés individuelles au sein de la société musulmane ». Mais au-delà du courage, c’est le retour de ce festival militant à sa vocation originale qui a donné une visibilité à un film comme "Couscous, les graines de la dignité", produit en marge du circuit industriel. C’est dire que la "révolution des mentalités", louée par le président du jury, passe aussi par un cinéma du réel qui "donne au public la conscience de sa propre existence", comme le disait, il y a plus de trente ans, Glauber Rocha dans un texte-manifeste intitulé "Esthétique de la faim".

Pour une esthétique de la faim

Dans ce manifeste, le cinéaste brésilien décrit ainsi la faim comme le «nerf de sa propre société», l’opposant au "digestif" et au "folklorique". Face au cinéma mondial, "notre originalité est notre faim et notre plus grande misère vient de ce que cette faim, étant ressentie, n’est pas comprise", ajoute le leader du "cinema nuovo". Précisément, "Couscous : les graines de la dignité" est un film sur la faim dont « le destinataire se trouve du côté de ceux qui luttent » parce que la souveraineté alimentaire n'est pas un luxe, mais une question de survie. Et c’est, sans doute, en quoi il dérange parce qu’il restitue les dimensions occultées du débat sur les inégalités sociales et l’insécurité alimentaire engendrées par des modèles de développement que dictent les bailleurs internationaux. Sachant que ces orientations profitent, encore et toujours, à l'agro-business.

 Aussi, sous l’apparat de l’ingrédient de carte postale, le plat de couscous devient une mine d’informations sur le dévoiement des plans d’ajustement structurel. On le voit dans le film où des petits agriculteurs, comme Youssef à Zaghouan, Fethi à Msaken et Lassad à la Manouba, racontent comment les champs ont été ruinés par des semences améliorées non-reproductibles qui sont venues remplacer les anciennes variétés locales de blé, tels que le chili, mahmoudi, biskri, Jneh khottifa, swabaa aljia, Bidi et chetla, alors que celles-ci résistent mieux aux microclimats tunisiens. Derrière la promesse d’un meilleur rendement, ces nouvelles semences importées par l’Etat obligent les agriculteurs à racheter chaque année leurs graines et à utiliser des engrais et des pesticides, également importés, ainsi que de grandes quantités d’eau. Or, l’accès à l’eau est l’autre grand problème des habitants des régions déshéritées.

Une enquête réalisée sur le sujet par Nawaat montre que l’usage des semences améliorées, distribuées, depuis les années 60, aux agriculteurs tunisiens, dans le cadre du Programme d’Aide Alimentaire Mondial (PAM), n’a cessé d’augmenter. Il était de 35% en 1975, de 58% en 1994 et de 75% en 2004. Résultat : la Tunisie, qui était "pratiquement autosuffisante en céréales jusqu’au début du 20ème siècle, importe aujourd’hui plus de la moitié de ses besoins alimentaires". En 2014, les variétés végétales inscrites au catalogue officiel étaient pour la grande majorité hybrides et provenaient de géants de l’agroalimentaire, tels que Monsanto (27% du marché mondial), Synganta (9%), le groupe Limagrain (5%), ou encore l’entreprise japonaise Sakata (1,5%).
Incapables de concurrencer les entreprises privées, les paysans sont abandonnés à leur sort car qualifiés de «fardeau » pour le développement.  Ce qui ne les empêche pas de résister parce que leur survie en dépend. Les uns le font en remettant dans le circuit agricole des graines locales, précieusement gardées ; ce qui a permis d’alimenter le programme de sauvegarde des anciennes variétés, mis en place, depuis 2015, par la Banque Nationale de Gènes. D’autres, plus téméraires, contournent l’absurde monopole foncier de l’État en récupérant des terres agricoles comme ce fut le cas de l’oasis de Jemna au sud tunisien.

 Comme Mohamed Bouazizi, "les subalternes ont parlé"!

Plus encore, "Couscous, les graines de la dignité" démontre, à travers les conditions politiques, sociales, économiques et écologiques de production des céréales, que la question alimentaire est au cœur de la revendication de la dignité portée par le soulèvement de décembre 2010 et janvier 2011. Le film nous permet ainsi de relire le récit dominant de la révolution qui brosse le portrait de Mohamed Bouazizi en "jeune chômeur diplômé urbain, humilié par un agent de police, et non un homme dont la situation précaire résulte en grande partie de la crise du secteur agricole", comme le révèle Mathilde Fautras qui a soutenu une thèse, sous la direction de Habib Ayeb, sur "les appropriations foncières à Regueb", dans le gouvernorat de Sidi Bouzid.

 On notera que c'est le quatrième documentaire de Habib Ayeb, après "Sur les bords du Nil, l'eau en partage", "Fellahin" (Paysans) et "Gabès labess" (Tout va bien à Gabès). Dans tous ces films, un constat s’impose : il faut une réforme agraire pour concéder aux paysans leur droit à la terre et à la démocratie. Mais, avant d’aller à la rencontre du public des festivals, c’est d’abord en tant qu’académicien que le réalisateur s’est penché sur la condition paysanne. Car Habib Ayeb est d’abord géographe et enseignant-chercheur à l'Université Paris 8. C’est là qu’il a soutenu sa thèse sur la "géopolitique des grands travaux d’aménagement hydrauliques de la vallée du Nil", sous la direction d’un certain Yves Lacoste. Celui-là même qui chamboula la discipline en interpelant ses condisciples sur les véritables enjeux de pouvoir inscrits dans l’espace. Pour le fondateur de la revue Hérodote, il ne s’agit plus tant de « dessiner la terre » que de ressortir les situations géopolitiques locales, en tenant compte de la représentation que s’en font les populations.

Sur la ligne de partage des eaux, Ayeb nous apprend, justement, que la politique spatiale révèle la dépossession des fellahin et la lutte qui en découle pour l’accès aux ressources. Du Nil bleu à l’oasis de Gabès, son travail d’arpentage et de cartographie du monde rural remonte la mémoire des spoliations coloniales et néocoloniales pour redescendre en amont vers les bouleversements sociaux et politiques récents. Ce cheminement nourrit un projet, nous semble-t-il, important parce qu’il contribue, à sa manière, à faire entendre ces "voix inaudibles" et à défaire la subalternéité des paysans. On connait le débat sur l’idée que les subalternes sont une sorte d’auteur et d’acteur collectif doté de conscience de soi, qui a permis au mouvement des études subalternes de distinguer les subalternes de leur représentation par l’impérialisme. Et à la question "les subalternes peuvent-ils parler ?", Habib Ayeb ne craint pas de répondre par l’affirmative en soulignant "l’ingéniosité des paysans et leur fort sens de l’analyse des défaillances des politiques de développement rural en Égypte et en Tunisie".

Car la question n’est pas tant de prouver que les paysans peuvent parler que de montrer que leurs voix ne sont pas entendues par l’institution. Ces paroles qui sont des lettres envoyées à un destinataire historiquement assourdi, Habib Ayeb nous les transmet en pratiquant la « destinerrance », c’est à dire en « réécrivant les bonnes adresses dans le service postal de l’histoire », comme l’expliquait plus clairement Gayatri Chakravorty Spivak, lors d’une conférence donnée à la Foire du livre de Tunis en mars 2017. En d’autres termes, « nous devons transformer le passé en poésie du futur. En embrassant ceux qui soi-disant ne nous parlaient pas, et en transformant leur repliement sur soi, en un mouvement vers nous-mêmes, nous créons une modernité qui n'est pas centrée sur le passé. Comme notre propre modernité, qui ne nous est pas adressée aujourd'hui non plus », conclut la théoricienne des Subaltern Studies.

En attendant sa sortie nationale, "Couscous, les graines de la dignité" sera projeté au cinéma Les Alizés, à Bron, en France, en présence du réalisateur.



*Article paru initialement sur les blogs de Mediapart. URL:  https://blogs.mediapart.fr/nadia-haddaoui/blog/110118/le-couscous-nu-de-la-dignite-de-habib-ayeb
**On rappellera, en l'occurrence, que « Le fil » de Mohamed Ben Attia, sorti et projeté en France en avril 2011, et « La vie d’Adèle » d’Abdellatif Kechiche, Palme d’or du Festival de Cannes 2013, sont toujours censurés en Tunisie.

jeudi 28 janvier 2016

Zones interdites: Ces barbelés qui rognent nos libertés!

Cinq ans après, les mesures d’exception se normalisent. Etat d’urgence, couvre-feu et clôtures défensives rappellent aux Tunisiens qu’ils ne sont pas tout à fait libres. A lui seul, le barbelé conditionne la circulation et rogne un peu plus l’espace des libertés malmenées par les réflexes autoritaires.



Dans la ville, chevaux de frise et fils de fer barbelé ont poussé comme des champignons autour des grandes surfaces et des bâtiments officiels, venant redoubler les barrières de police, les contrôles de sécurité et les caméras de surveillance. Il semblerait que c’est la première fois que les autorités recourent à cet outil agressif et dissuasif. C’est ce que nous confie un ancien prisonnier d’extrême gauche qui assure que les fils de fer barbelé n’ont pas été utilisés dans les zones urbaines, après l’indépendance, même en 1987, date de l’avènement de l’ancien président déchu. D’après Belhassen Oueslati, porte parole du ministère de la Défense, le barbelé est acheté chez un revendeur tunisien et obéit à un appel d’offres. Questionné sur la loi qui organise les commissions de marchés militaires et sur la quantité de barbelés installés dans les villes, depuis 2011, le porte parole nous a recommandé de faire une demande d’accès à l’information à son ministère, car « il y a des informations qui sont classées secret-défense », a-t-il dit. Mais, selon nos informations, ces barbelés militaires à rasoir, de type concertina, sont importés des Etats-Unis. Un matériau qui se vend par unité de 10 mètres à 50 DT environ, portant le coût d’une installation anti-franchissement à 30 mille DT. Cette mesure d’urgence a été déployée, suite au déclenchement du «système forteresse» décrétée par le Haut conseil de la sécurité, au lendemain des événements de janvier 2011. Les mesures se sont allégées ou renforcées, au fil de ces cinq années, selon les niveaux d’alerte.

Les ministères aussi ont été équipés avec ces barrières hérissées, exacerbant la rupture entre gouvernants et gouvernés, au nom du maintien de l’ordre public. Devant le ministère de l’Education, Mohsen, un jeune diplômé chômeur nous dit avoir l’impression que, derrière ces murs de fer, les responsables se barricadent pour mieux se tenir à distance des problèmes que les citoyens comme lui viennent exposer. Pour les marchands de l’avenue Bourguiba et de l’avenue Bab Bnet, ces barbelés menaçants ont porté un coup au commerce et au tourisme.

La puissance répulsive du dispositif monte d’un cran sur l’avenue Bourguiba, artère principale de la ville où trône l’immeuble emblématique du ministère de l’Intérieur. C’est là que des rassemblements marquants se sont tenues, se tiennent toujours, sont réprimés ou tout simplement interdits, confirmant que la violence politique conjugue l'espace mental à l'espace physique. En 2014, Lotfi Ben Jeddou, alors ministre de l’Intérieur, décidait de lever définitivement le siège des barbelés devant son ministère pour les remplacer par des fleurs et des arbustes d’ornement. Ce message positif devait signifier, selon lui, que « la Tunisie se porte bien ».

Mais l’avenue n’a pas été libérée pour autant, car des barrières ont pris la place des barbelés, et la Tunisie continue à aller mal. Également clôturés, la place de la Kasbah, le tribunal de première instance et le siège de l’Assemblée des représentants du peuple au Bardo, lieux de mobilisations sociales et politiques et d’événements violents. A croire que le printemps tunisien est une saison de fer, de feu et de sang.

A quelques mètres du ministère de l’intérieur, l’ambassade de France ne s’est pas épargné cette laideur. Devant la façade, un blindé côtoie des barbelés à hauteur d’homme qui encombrent le trottoir, au risque « de déchirer les vêtements des passants ou de les blesser ». Ces mesures de sécurité supplémentaires ont été prises en 2013, suite aux manifestations contre l’intervention de la France au Mali.

Loin de l’avenue, sur l’autoroute de la Marsa, l’ambassade américaine. Cette forteresse coiffée d’un mirador est enceinte de tranchées, que surplombent de hauts murs, et équipée de portes blindées. A cela sont venus s’ajouter le barbelé et la fermeture des routes alentour, notamment du côté du Lac. Après l’assaut salafiste lancé contre ses locaux, en 2012, des concertinas ont été placés au sommet et tout au long des murs extérieurs. Ainsi le bâtiment ressemblait à « un pénitencier fédéral », note un ancien diplomate américain qui évoque la politique étrangère des Etats-Unis, à travers les moyens de défense de ses missions diplomatiques dans les pays arabes; suggérant, lui, de remplacer les concertinas par des cactus. Cet intérêt symptomatique pour la clôture végétale n’est pas seulement d’ordre esthétique. Car en occident, le barbelé dérange parce qu’il hante l’imaginaire collectif marqué par la barbarie totalitaire.

En effet, inventé pour parquer du bétail, il est très vite devenu un outil d’oppression. Dans son “Histoire politique du barbelé“, Olivier Razac rappelle que le fil de fer barbelé est « un symbole du mal politique » parce qu’il a servi à enclore les terres des Indiens d’Amérique, à garnir les tranchées de la première guerre mondiale, à enfermer des populations dans des camps de concentration, comme les Boers en Afrique du Sud et les Juifs en Allemagne, et à fermer des frontières. L’auteur n’évoque ni les camps de rétention réservés aux migrants en Europe, ni les camps de torture dressés par les américains à Guantanamo et Abou Ghraieb, ni le « mur de l’apartheid » isolant les Palestiniens. C’est à cela que renvoie le barbelé dans la mémoire tunisienne.

Dans la mémoire de l’oubli, il y a bien sûr les guerres de libération nationales, marquées entre autres par la Ligne Morice, la colonisation de la Libye par l’Italie ou encore la bataille de Bizerte. Combien se souviennent, aujourd’hui, de l’horreur de ces épisodes coloniaux? Plus récemment, la clôture de sécurité érigée aux frontières tuniso-algériennes sanctionne « la course à el khobza » via la contrebande parce qu’en attendant les promesses d’emploi, les populations frontalières subsistent grâce à ce commerce illicite.


Ici, le barbelé écorche le souvenir de l’oppression dans un espace de plus en plus quadrillé et calculé par les inégalités. Comme le relève Razac, à juste titre, « le barbelé focalise notre attention sur les enjeux archaïques de la violence » en rendant visible « une brutalité intense exercée sur la chair ». C’est que la Tunisie post-Ben Ali peine à exorciser ses démons. Et dans cette prison à ciel ouvert, les individus s’engouffrent à nouveau dans cette violence archaïque, dont l’immolation par le feu et électrocution volontaire ne sont pas les moindres maux. Les récents mouvements sociaux à Kasserine, Sidi Bouzid, Regueb, Jebeniana, Hamma, Gafsa, Jendouba, Ghar Dimaou, Tibar, Siliana, Beja, Jendouba, le Kef et Tunis montrent, encore une fois, que les murs ne sont pas une réponse adaptée à l’ampleur des difficultés socio-économique.

Article publiée sur Nawaat

jeudi 10 janvier 2013

L'UMP se rappelle au bon souvenir de l’ami Ben Ali *

Les noms de députés UMP, qui ont soutenu Zine El-Abidine Ben Ali, aux pires moments de sa dictature, entachent le nouveau groupe d’amitié France-Tunisie de l'Assemblée Nationale française. Bourde ou inadvertance, ce choix vient encore narguer la fragile transition tunisienne.

C’est le site Mediapart qui en a donné l’alerte, rappelant qu’Eric Raoult, Philippe Briand, Jean-Jacques Descamps, Georges Fenech, Pierre Lelouche, Jean Proriol, Jean-Luc Reitzer, Didier Quentin et René André, avaient signé un communiqué mémorable, intitulé « La Tunisie a des amis, Ben Ali n’est pas notre ennemi», un 16 novembre 2005, en plein Sommet mondial sur la société de l’information (SMSI). Alors que Zine El-Abidine Ben Ali, était sommé par l’Onu et la France de respecter les libertés et que le journaliste français Christophe Boltanski venait d’être agressé à Tunis, les parlementaires affirment, dans une langue de bois épique, que "certains tentent de brouiller l’image de la Tunisie pour des raisons inavouables".

Car, selon eux, "Ben Ali est un véritable homme d’Etat conscient des difficultés et veut valoriser les atouts d’un pays qui est aux avant-postes de la paix en Méditerranée". "Reconnaissons-le, la Tunisie a fait des efforts constants, progressifs et réels", soulignent les députés, qui énumèrent quelques-unes des nombreuses avancées enregistrées par la Tunisie dans tous les domaines, politique, économique et social : "Pour le statut de la femme, l’éducation de ses enfants qui ne mendient pas dans la rue pour pallier la pauvreté, la création d’une large classe moyenne de petits propriétaires qui font l’honneur de tout le Maghreb, pour lutter contre l’extrémisme et le terrorisme. La Tunisie va dans le bon sens".

S’agissant du Sommet mondial sur la société de l’information, les députés estiment que "le choix de la Tunisie pour l’organisation de ce Sommet était une preuve de reconnaissance du changement politique, en faveur d’un pays émergent : pays qui cherche à tout mettre en place pour se rehausser au stade d’un pays arabe développé". "Vouloir faire de Tunis un nouveau Durban : un sommet de politisation accusatrice, où tout est bon pour caricaturer, provoquer, vilipender, c’est prendre la lourde responsabilité de faire le jeu des extrémistes qui se fichent de l’Internet ou de la fracture numérique".



Les députés français dénoncent "ceux qui montrent du doigt la Tunisie" mais qui "n’en bougent pas un seul pour expliquer son cheminement vers le changement. Plutôt que de porter des accusations sans discernement contre les responsables tunisiens, posons un regard objectif, vraiment objectif, sur la Tunisie d’aujourd’hui". Ils soulignent que "la provocation est toujours facile, mais l’évolution démocratique l’est toujours moins". 

De même qu'ils remarquent, "qu’à l’occasion du SMSI, tenu à Tunis, et qui est un évènement international important souhaité par l’ONU, certains préfèrent la provocation et organisent une campagne de désinformation contre ce pays. Le SMSI, ce n’est pourtant pas une marque de téléphone portable ou de chaîne HIFI, alors pourquoi tant d’agitations, de contre-informations, voire d’intoxications ? De même, est-il judicieux pour un journaliste de braver l’insécurité nocturne pour trouver un prétexte à relater le non-évènement d’une bousculade dans la pénombre de Tunis ? Ces attitudes sont injustes et inamicales". "Reporter, ce n’est pas provoquer, et la liberté d’expression est un droit fondamental, mais aussi un devoir d’équilibre, d’équité et d’objectivité", poursuivent les députés avant d’ajouter : "Arrêtons les critiques, les caricatures, les provocations. Aidons la Tunisie. Montrons-lui qu’elle a des amis, beaucoup d’amis".


Le groupe d’amitié France-Tunisie est un organisme politique du Parlement français, qui regroupe des députés et des sénateurs favorables à une bonne entente entre la France et la Tunisie. Les membres du bureau y sont nommés sur proposition des groupes parlementaires. On se demande ainsi, dans quelle intention Mr. Jean-François Copé, le nouveau président de l’UMP, a-t-il proposé, dans ce groupe, Dino Cinieri et Philippe Briand à la vice-présidence, même si ce dernier admet aujourd’hui que le texte de 2005 était une « imprudence ».

Jean-Luc Reitzer dit, quant à lui, « ne rien regretter », n’étant pas « convaincu que dans cette période de transition, la situation soit meilleure qu’elle ne l’était à la fin du règne de Ben Ali ».

Et pour cause !

C’est cette même prétendue « stabilité politique », conditionnée par la lutte contre l’islamisme, que ces députés vont continuer à faire valoir jusqu'en 2012, sous le fracas politique d'une droite aux abois, qui a recyclé le communautarisme dans les banlieues françaises pour proposer des alternatives radicales.

Georges Fenech, natif de Tunisie, tout comme Bertrand Delanoë et Philippe Seguin, avait également fermé les yeux sur les abus de la dictature, allant jusqu’à présider l’association Échanges franco-tunisiens (EFT), fondée par Hosni Jammali, hôtelier et éditeur de « Tunisie Plus », un magazine trimestriel où il faisait contribuer des cadres de la presse française. Ce qui n'était guère étonnant, puisque Jammali était très proche du principal conseiller de Ben Ali et de Frédéric Mitterrand, alors ministre de la culture.

Va-t-on devoir encore voir parader, en Tunisie, ces parlementaires qui se rappellent au bon souvenir de Ben Ali et de ses acolytes, dont certains, impunis, sont toujours à pied d'oeuvre?

Alerté sur son compte tweeter, le député Pouria Amirshahi écrit : « j'avoue que je n'avais pas regardé la liste des membres proposés par les partis... Je vais m'en occuper ».
Affaire à suivre!



*Article paru sur Spot-mag
http://www.spotmag.info/actualite/actualite-internationale/amis-de-ben-ali-reconduits-dans-le-nouveau-groupe-damitie-france-tunisie/

jeudi 6 décembre 2012

Constitution: de 1959 à 2011


ما أشبه الأمس باليوم!


"وهكذا  وقعت تصفية الفصل 117  بصفة غير مفهومة أثناء الجلسة  بالرغم من إلحاح بعض النواب على العمل به أو حتى الطلب من الحكومة بأن تقدم  القانون الإنتخابي إلى المجلس ولكن الحكومة كانت تتعلل بأن القانون غير جاهز  وأن ختم الدستور سيقع يوم 9 أفريل 1959.
        إن ترك النظر في القانون الإنتخابي ، بالرغم من الضعف الواضح في إتخاذ القرار من قبل المجلس التأسيسي، سيكون له أبلغ الأثر في إتجاه أخذ القرار  مستقبلا وربما هو الذي غير في طبيعة مجلس الأمة فيما بعد فأصبح هيكلا إستشاريا لاسلطة له .
        فلقد وضعت الحكومة ما أرادت فيه ليكون اللاخيار خياراَ . وفيما يلي بعض من كل :
        1-إعتماد الدائرة الإنتخابية الواسعة .
        2-إعتماد التصويت على القائمة.وليس على الأفراد.
        3-إعتماد الأغلبية البسيطة . كقاعدة للفوزبالمقاعد.
1- إعتماد الدائرة الإنخابية الواسعة . تجر هذه الطريق202ة عند التطبيق عديد الإمتيازات للأحزاب القوية المنظمة تنظيما محكما . وهي تتحكم أيضا بصفة مثلى في تقسيم الأحزاب المنافسة إذ تستطيع أن تقسم المنطقة وتشتت الأغلبية بسهولةتبعا للتقسيم الجغرافي الذي تختاره .كما أنها تتميز بشموليتها فهي تضيع الفرصة  على الأشخاص اللامعين والمعروفين في مناطقهم فلايجدون لهم مكانا في الدائرة الإنتخابية الواسعة لأنهم ليسوا بمعروفين في كامل مناطق الدائرة .
        2- إعتماد التصويت على القائمة وليس على الفرد . وقد زينت هاته القائمات بأسماء أعلام الحزب المعروفين على النطاق القومي - السادة أعضاء الديوان السياسي -و الذي أراه هنا أن التصويت على القائمة غير دستوري- وهو رأي خاص - إعتمادا على أن تصويت مواطن متواجد في دائرةبها  قائمة فيها ثمانية مثلا لايمكن أن يساوي صوته صوت مواطن  آخر متواجد في دائرة إنتخابية أخرى بها قائمة تتركب من ثلاثة فقط . أي أن إختلاف العدد بالنسبة للمتواجدين في كل قائمة تبعا للتقسيم الذي تفرضه الدائرة الواسعة. يفضل مواطني دائرة على دائرة تبعا للعدد المتواجد في القائمة وبالتالي فان قيمة الصوت تختلف من دائرة الى أخرى. وحسب منطق الدستور في الفصل التاسع منه { كل المواطنين متساوون في الحقوق والواجبات وهم سواء أمام القانون}. فهذا الحق ناقص في دائرة الناخب الذي ينتخب إثنين بأربع مرات عن الناخب في دائرة الناخب الذي ينتخب ثمانية.وليس هنالك أي تساو  في الحق.
 -3      إعتمادالأغلبية البسيطة كقاعدة للفوز بالمقاعد: أنهت كل معارضة للحزب الحاكم آن ذاك معلنة عن بداية إحتكار الحياة السياسية .
وبالرغم من أن القانون المعد آن ذاك أعطى حرية التشطيب والخلط بين القائمات . إلا أن هذا كان نظريا فقط فليس هنالك أي مجال بما أنه ليس هنالك قائمات منافسة فما الفائدة .
        في الجملة ودون الدخول في التفاصيل إن الدائرة الإنتخابية الواسعة ونظام الإقتراع على القائمة بالأغلبية البسيطة أدى  إلى إعطاء الأوامر في إختيار اللون الفلاني وإجتناب اللون الفلاني  إن وجد بدون أن يعرف المواطن من هو في داخل القائمة التي إختارها ولا من هم إطلاقا .خصوصا وأن نسبة الأمية في ذلك الوقت تفوق الثمانين بالمائة."



Extrait du livre à paraître de Tamim Hemadi

mercredi 17 octobre 2012

Le jour où les journalistes se sont unis ! *


  
  Observée avec succès, la grève générale des journalistes est un moment inédit dans l’histoire de la Tunisie, qui marque le début d’un réveil nécessaire à la restauration d’une profession sinistrée par la dictature benalienne et minée par des dissensions qui ont favorisé la presse de caniveau, les procès arbitraires, les licenciements abusifs, les violences morales et physiques, qui continuent à sévir encore aujourd’hui. 


  Après des mois de tensions et de négociations avortées avec le gouvernement, une grève générale a été décidée le mercredi 17 octobre 2012, après avoir « épuisé toutes les voies du dialogue" et en raison de "l'attitude obstinée du gouvernement et de son refus de répondre favorablement aux revendications des journalistes et de l'ensemble du personnel exerçant au sein des entreprises de presse", lit-on dans la motion générale du bureau exécutif élargi du Syndicat national des journalistes tunisiens (SNJT), datée du 25 septembre 2012.

Caricature de Hamdi Moulazem de Dar Assabah


Un vent de révolte…

   Les consignes de cette grève ont été suivies par quasiment tous les médias publics et privés, appelés à suivre les modalités négociées avec le SNJT. Les médias audiovisuels et radiophoniques ont ainsi assuré un service minimum et consacré leur antenne à des débats sur la grève des journalistes. Quant aux médias électroniques ils ont affiché une banderole ou une page mentionnant la "grève". Un journaliste de Radio Jeunes a cependant brisé la grève en enfreignant ces consignes, alors que le directeur de radio Sfax, Malek Riahi, a donné sa démission, suite aux pressions exercées sur lui par le directeur des radios publiques tunisiennes, Mohamed Meddeb, un simple technicien sans aucune expérience managériale ou journalistique, parachuté par le gouvernement actuel à la tête de l’Etablissement. Cette démission fait suite à celle de Béchir Sghari, directeur de Radio Monastir, le 3 septembre dernier.

   Selon les premières estimations, le taux de participation a dépassé 90%. La présidente du Syndicat national des journalistes tunisiens (SNJT), Néjiba Hamrouni, s'est félicitée de la forte mobilisation de la profession, soulignant que ce mouvement avait pour objectif de défendre la liberté de la presse et d'expression, à l’avantage non pas seulement les journalistes, mais pour tout le peuple tunisien.
Rassemblés devant le siège du SNJT, quelques centaines de journalistes ont manifesté en scandant et en brandissant des slogans tels : "Une presse libre, des journalistes indépendants", "Dar Assabah : Ligne rouge", "la liberté de la presse fondement de la démocratie", "droit du citoyen à l'information", "médias libres", "la radio est publique et non gouvernementale", "tout peuple qui s'endort en liberté s'éveille en servitude", "réhabilitation du 4e pouvoir". Certains avaient collé sur leur bouche des autocollants barrés du mot "Non au contrôle".

   Des représentants de la société civile et de partis politiques ainsi que des hommes de culture sont venus en grand nombre soutenir cette grève. Une importante présence d'organisations arabes et internationales a été, également, remarquée. Pour ne citer que la Fédération internationale des journalistes, qui était représentée par sa secrétaire générale Elisabeth Costa. A noter aussi la présence du vice- président de la Fédération arabe des journalistes Abdelwaheb Zghilet.

Les manifestants se sont en outre rendus à Dar Assabah, où les journalistes observent depuis le 10 octobre une grève de la faim, accompagnés depuis peu par Sami Tahri, porte-parole de l’UGTT (union générale des travailleurs tunisiens).

   Les grévistes d'Assabah exigent le départ de leur directeur Lotfi Touati, un ancien commissaire reconverti dans le journalisme qui a contribué en 2009 au sabotage du congrès de l'Association des journalistes tunisiens, ancêtre du SNJT. Touati a été désigné par le gouvernement, devenu propriétaire d'Assabah après la confiscation des parts majoritaires de Sakhr El Matri, gendre de l'ancien président, auquel les Cheikhrouhou, propriétaires historiques, ont cédé leurs actions dans le journal.

Mais pas seulement, car pour garantir la levée de la mainmise du pouvoir, quelque soit sa nature, sur les médias, la revendication essentielle concerne l’application du décret 115, qui résume notamment les droits des journalistes, en interdisant les restrictions à la circulation de l'informations et en protégeant les sources des journalistes. Ainsi que le décret 116 portant sur la création d'une Haute Autorité indépendante de la communication audiovisuelle, appelée à délivrer les licences des radios et télévisions tunisiennes.

   Il semble que le gouvernement ait cédé à cette revendication, en annonçant dans un communiqué, rendu public le 17 octobre en fin de journée, qu'il appliquera les deux décrets garantissant la liberté de la presse. Mais le communiqué ne mentionne pas les autres revendications des journalistes, en particulier le limogeage des directeurs de médias publics nommés ces derniers mois, dont certains sont mis à l'index pour être passer de la propagande de Ben Ali à la complaisance et à la soumission au pouvoir actuel.

La confiscation du 4éme pouvoir, oui, mais par qui?

   Signés le 2 novembre 2011 par l'ex-président intérimaire Foued Mebazaa, les décrets 115 et 116 étaient bloqués par le gouvernement de coalition (Ennahdha, CPR et Ettakattol), depuis son arrivée au pouvoir fin 2011. Lotfi Zitoun, conseiller auprès du premier ministre, avait  jugé ces textes incomplets mais n'en avait jamais initié la rédaction de nouveaux, ce qui lui a permis du coup, d’exercer un pouvoir discrétionnaire sur les médias.

   Mais déjà, début avril dernier, Hamadi Jebali, premier ministre et Secrétaire général d'Ennahdha, déclarait aux patrons de la presse : «Je m'interroge en quoi l'Etat devrait avoir besoin de posséder ses propres médias». Cependant que le 17 octobre dernier, Ridha Saïdi, ministre délégué auprès du Chef du gouvernement chargé des dossiers économiques, annonçait la création d’une chaîne de télévision nommée « Al Kasbah Mubacher » (Al kasbah en direct) pour diffuser l’actualité du gouvernement et des ministres, avec pour slogan: “l’information est sacrée, le commentaire est libre“. Etrangement, cette déclaration a été accordée à des modérateurs de pages du réseau social Facebook.

   Le 18 avril, et dans une interview dans le quotidiens qatari «Al-sharq», le Président du mouvement islamiste, Rached Ghannouchi affirmait, quant à lui, que la direction de son parti, envisage de prendre des mesures radicales dans le domaine de l'information dont éventuellement, la privatisation des médias publics. Le lendemain et lors d'un débat télévisé sur la Watania1, c'est au tour d'Ameur Laaryadh, élu à l'assemblée nationale constituante et membre du bureau politique d'Ennahdha, d'évoquer l'idée de céder la télévision nationale au capital privé. Suite à ces déclarations, les sit-inneurs qui campaient devant le siège de la télévision nationale depuis plus de 50 jours, sont passés des revendications d'«épuration» et d'«assainissement» de la télévision nationale, au slogan de «Télévision à vendre». Etait-ce un hasard?

  Après l'acharnement contre la télévision nationale, dénoncé par le rédacteur en chef des infos, Said Khezami, et la nomination de Imen Bahroun comme DG de la télévison, c’est la radio nationale qui était passée au crible. Ainsi, le 24 avril, Habib Belaid, directeur général de la radio a été remercié et remplacé par Mohamed El Meddeb, qui a fait preuve, dès son arrivée, de multiples abus de pouvoir. Boutheina Gouia, troisième journaliste à avoir été suspendue d’antenne, a mobilisé ses collègues et la société civile pour une série de sit-in qui se sont tenus début octobre devant la radio pour dénoncer cet état de fait.

   Cette stratégie du pouvoir provisoire qui vise à assujettir les médias à sa volonté en prévision des prochaines élections, a fini par secouer les plus blasés. « Sous prétexte de nettoyer la presse des restes de l’ancien régime, Ennahda installe ses hommes à la tête des grands médias et tente de soumettre les journalistes qui protestent et ne veulent pas rentrer dans les rangs. Ce gouvernement peine à rompre avec les pratiques de l'ancien régime qui avait fait des medias publics des canaux de propagande et de manipulation», affirmait Kamel Labidi, président de l’ancienne Instance nationale pour la réforme de l'information et de la communication (INRIC). Mais les journalistes ne peinent-ils pas eux aussi à rompre avec ces anciennes pratiques détestables et certains ont même tendance à banaliser l’auto-censure, la censure et le manquement à la déontologie élémentaire, et dans ce sens, une auto-régulation, voire une psychothérapie, est absolument nécessaire. Outre le fait que la cohésion du corps métier laisse toujours à désirer/

Une liberté complémentaire...

   A trop vouloir exercer un pouvoir de jour en jour plus hégémonique, et d’entraver la liberté de la justice et de la presse, dans une fragile période de transition, le retour de manivelle est pourtant inévitable. Accusés de complaisance et d’incompétence, les journalistes ont fini par se secouer d’une manière inattendue, dans un espace exceptionnel de liberté où le pire comme le meilleur est possible.

  Si les atteintes à la liberté de la presse se sont multiplié en prenant d’anciennes et de nouvelles formes (concentration capitalistique, essor de la peopolisation sordide, du reality show et de la banalisation de l'abject et de l'horrible), une part grandissante de l’espace où se diffuse l’information et s’organise le débat public semble, fort heureusement, échapper a la censure. Il s’agit bien évidemment d’internet et des réseaux sociaux, le fameux cinquième pouvoir signalé par Ignacio Ramonet, là où sur le fil, des blagues et des noms d’animaux et d’amuse-gueules fusent, ces temps-ci, à l’endroit des responsables politiques. 

   Certains internautes ont même ironisé sur les journalistes en grève, comme on a pu le relever par exemple, à travers le statut facebook de Riadh Hammi, un tweeple influent qui écrit : « La presse tunisienne est en grève. Concrètement aujourd'hui vous allez être mal informés sur la situation du pays. Vous le sentez hein ?! Si vous vouliez savoir qui a tué les dizaines de tunisiens du 14 au 16 janvier, qui a tué les martyrs de la "révolution", quel rôle à joué et joue encore Rchid Ammar, qui sont les snipers, qui protège les pourris de l'ancien régime, qui sont les salafistes, eh bien vous devrez patienter jusqu'à demain, parce qu'aujourd'hui la presse est en grève. Par contre vous pourrez toujours admirer les pubs, parce que l'argent on déconne pas avec ».

   Précisément, parce que les failles et les dérives existent et continueront à exister, les médias doivent compléter la liberté d'expression et la démocratie. Il est plus que souhaitable, maintenant, que ce réveil puisse toucher également le domaine de la justice. Certes, les magistrats ont entrepris eux aussi un sit-in ouvert, mais si la justice demeure défaillante, même reconnu, le décret-loi 115 n'aura pas d'impact signifiant sur la pratique des journalistes.
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   Ce n’est qu’avec une réelle séparation des pouvoirs qu’une lumière impartiale pourra être faite sur les liens unissant les politiques, les pouvoirs financiers, et le monde de la Justice, et dont dépend absolument le devenir de la justice transitionnelle en Tunisie. Il faudrait sans doute aussi faire une place aux lecteurs et aux citoyens dans la fabrication de l'information, comme ont réussi à le faire des sites comme Nawaat en Tunisie, ou Mediapart et Rue89 en France. En tout états de cause, il faudra du souffle aux journalistes car le chemin vers la libération totale de l’information est encore long….


*Paru dans "Courrier de Tunisie" de cette semaine.